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Et si nous nous libérions de nos chaînes ?

16 octobre 2021

Je ne sais pas pour vous, mais j'ai l'impression que lorsque les questions de la dépression et de la santé mentale sont abordées, les gens s'étendent peu sur les démons, les traumatismes contre lesquels les individus doivent se battre. Si le sujet est évoqué, on ne le brosse pas en profondeur mais on reste en surface. Malheureusement, cet article va s'ajouter à la longue liste des articles qui ne parlent des traumatismes qu'en surface.


Nous avons tous au fond de nous une plaie qui peine à cicatriser. Un/des événement.s, une/des parole.s, un/des acte.s ou que sais-je encore qui a/ont laissé une/des empreinte.s indélébile.s dans notre vie. Ce sont des choses qui nous rongent et que nous avons tendance à essayer de cacher au fond, quelque part en nous dans l'espoir que cela ne sorte jamais. Pour certains, c'est plus difficile de le dissimuler que d'autres. Ce qui est sûr c'est que porter cette/ces plaie.s a des conséquences qui n'ont en général rien de positif.

S'accepter malgré nos traumatismes

S'il y a une chose qui m'a marquée quand j'ai pris la décision de commencer à m'aimer réellement c'est que partout j'entendais « Aime-toi tel.le que tu es, avec tes défauts et tes qualités ». Mais quand ces défauts nous proviennent de ces traumatismes, de ces démons là, devrions-nous les accepter ? Et les accepter ne reviendrait-il pas à accepter ces démons là ? 

Pour la première question, ma réponse aujourd'hui est oui et non. C'est à vous de choisir si vous voulez les accepter. Au cas où vous ne voudriez pas, vous ne devez pas les détester non plus. Pour la seconde, c'est catégoriquement non. Je ne pense pas qu'il soit correct à un moment quel qu'il soit d'accepter nos démons, de s'en accommoder, de se résigner à les avoir. 

Prendre en compte nos "démons"

Il faudrait déjà prendre conscience de leur existence, ce qui n'est pas toujours évident. Ensuite, il faudra ne pas la renier. Savoir qu'ils sont là et refuser qu'ils sont en nous, c'est assez courant et plutôt légitime. Mais le faire est dangereux.

Après avoir reconnu leur existence, il faudra statuer dans quelle mesure ils ont impacté notre vie que ce soit de manière positive ou négative. Et le plus dur après toutes ces étapes aussi dures les unes que les autres c'est de jouer au catch avec ces démons.

Je veux dire, se battre contre eux avec la volonté de vaincre. Non, plutôt, guérir de ces démons.

Déterrer les traumatismes 

Généralement, nous enfouissons ces traumatismes quelque part au fond de notre cerveau et nous nous attelons à vivre une vie plus ou moins normale.

Le problème quand nous les enfouissons, c'est qu'ils sont toujours là et fonctionnent en général comme des bombes à retardement. Il ne faut pas grand-chose pour les déterrer et pour qu'ils pourrissent notre vie d'une manière ou d'une autre, faisant des dégâts que nous ne pouvons toujours pas gérer.

Quand ils ressortent des tréfonds de notre conscience,  la plaie qu'ils ont causé s'est assez étendue à notre insu. Contrôler ce que ça a généré relève du surhumain la plupart du temps.

Je suis d'ailleurs impressionnée par la quantité de personnes vivant comme des super humains à force de se retrouver obligés de refouler ces blessures. Elles ne cicatrisent pas, et iels n'ont jamais vraiment le temps de se permettre de les guérir.

Iels sont parmi nous, rient parmi nous, vivent parmi nous et semblent avoir la belle vie. Ça peut être moi, vous et n'importe qui que vous connaissez. En général vous ne vous en douteriez pas jusqu'à ce qu'iels en parlent : iels se sont résigné.e.s à porter cette croix trop lourde.

Aujourd'hui, je voudrais que mes mots vous donnent le courage de déterrer ces démons et de les confronter. Se résigner vous fait plus de mal que de bien. En guérir vous aidera et vous évitera d'en accumuler beaucoup trop.

Parce que disons-le nous, les traumatismes passés servent de terreau pour les traumatismes futurs. Ils constituent des terreaux très fertiles qui n'ont besoin que du minimum pour créer quelque chose de gros, de trop gros pour être géré.

J'espère qu'un jour, beaucoup d'entre nous prendront conscience de l'importance de vaincre nos démons et de ne pas les laisser bouffer nos vies. Encore une fois, prenez soin de vous autant que vous le pouvez.


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