Tel un phénix, tu renais.

10 octobre 2021

J'avais écrit ces mots parce que je m'ennuyais, sans savoir que l'occasion s'y prêterait plus tôt que prévu.

10 octobre, journée mondiale de la santé mentale, je TE dédie ce texte.


Dis-moi la vérité aujourd'hui. Dis-moi si tu vas bien et si tu ne feins pas. Dis-moi si le monde te pèse et si tu as envie d'abandonner. Laisse-moi t'écouter et compatir. Sois vulnérable, ouvre-toi et pleure s'il le faut.

Dis-moi si tu te sens seul.e, trop seul.e pour continuer ainsi. Dis-moi si tu as l'impression de ne pas voir le bout du tunnel. Dis-moi ce que tu penses de toi là maintenant. Te vois-tu comme un.e moins que rien, incapable de faire quoi que ce soit ? Sois vulnérable, ouvre-toi et pleure s'il le faut.

Ce poids dans ton cœur, tu n'es pas le seul à le ressentir. À un moment ou à un autre, nous le ressentons tous. Quoi qu'ils disent, ton combat n'est pas moins légitime que celui d'un autre. C'est ta vie, ton parcours, tes douleurs. Tu es la seule personne à vraiment te comprendre. Sois vulnérable, ouvre-toi et pleure s'il le faut.

La seule chose que je puisse t'offrir est une épaule sur laquelle pleurer, une oreille qui écoute. Je voudrais tellement pouvoir t'offrir plus, mais je ne le peux. 

Dis-moi que tu en as marre de faire semblant, de faire des choses que tu ne comprends pas. Dis-moi que tu en as marre de subir, de souffrir. Dis-moi que tu veux vivre, que malgré tout tu veux croire que la vie est belle. Mais dis-moi que c'est trop difficile avec ce que tu vis, et que tu veux abandonner. Sois vulnérable, ouvre-toi et pleure s'il le faut.

Dis-moi que tu as faim, que tu as soif, que tu as sommeil. Dis-moi que tu luttes contre tes démons. Dis-moi que le soir dans ton lit, tu pleures, tu pleures des larmes de sang. Dis-moi que tu te sens seul.e, isolé.e et invisible. Dis-moi qu'ils t'ont jugé, qu'ils n'ont pas compris et que depuis tu te tais. Dis-moi que tu ne sais plus où tu en es et que du coup, tu ne fais plus d'efforts. Sois vulnérable, ouvre-toi et pleure s'il le faut.

Dis-moi que la cassure est trop profonde, que ton amertume n'a d'égal que ta peine. Dis-moi que tu as peur, que l'incertitude te ronge comme une plaie et qu'elle te bouffe. Dis-moi que tu as déjà essayé, une fois, deux fois, trois fois d'y mettre fin et qu'à chaque fois tu as dû te retenir. Tu as pensé à tes proches, à ceux qui t'aiment et tu as préféré continuer à subir. Dis-moi que ta vie n'a plus de sens et que tu ne lui en cherche même plus un. Sois vulnérable, ouvre-toi et pleure s'il le faut.

Dis-moi que tu comptes les minutes, les heures qui te séparent de la faucheuse. Dis-moi que tu espères que cette voiture, cette moto, ce camion et que sais-je encore te ramasse et te libère de tes poids. Dis-moi que regarder les gens vivre te fait du mal. Dis-moi que tu te demandes « Pourquoi moi ? ». Sois vulnérable, ouvre-toi et pleure s'il le faut.

Dis-moi que tu suffoques, que tu n'arrives pas à respirer, que tu étouffes. Dis-moi que tu as activé le mode zombie et que tu n'es qu'un.e mort.e vivant.e qui erre dans ce monde au milieu de vivants. Dis-moi que tu as jeté l'éponge et que tu as arrêté de te battre contre les choses que tu ne peux combattre. Sois vulnérable, ouvre-toi et pleure s'il le faut.

Dis-moi que guérir est trop difficile, trop semé d'embûches pour que tu essaies. Que les gens ne comprennent pas, ne comprennent rien et qu'ils enfoncent le couteau dans la plaie. Dis-moi que tu as ouvert une fois la bouche pour parler, que tu as regardé autour de toi et que tu as dû la refermer. Dis-moi que tu n'as plus les mots pour toucher tes souffrances du doigt. Dis-moi que tu te laisses mourir à petit feu sans le moindre regret. Sois vulnérable, ouvre-toi et pleure s'il le faut.

Dis-moi ce que tu as sur le cœur, ce qui te bloque, ce qui te constipe, ce qui te tue....

Je te répondrai que tu en vaux la peine. Je ne te jugerai pas. Je t'écouterai. Et je te dirai, quand on aura fini :

— Tu as le droit d'abandonner. Tu as le choix. Quand tu le feras, penses uniquement à toi. Mais laisse-moi te dire une chose. Je sais qu'un jour, un jour dont je ne peux malheureusement pas t'indiquer la date exacte, tu renaîtras tel un phénix et que ta lumière envahira le monde. Sois faible, sois vulnérable. Tu en as le droit. Meurs de l'intérieur, survis. Tu n'en as toujours pas eu le choix. Mais sache que de loin je te regarde et te soutiens, peu importe le choix que tu feras, je le respecterai.


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