Here We Are Estime de soi

Rien que des prétextes...

5 avril 2021

Laisser mes peurs me conduire dans le cycle infernal de l'inaction a été et continuerait d'être si je ne travaillais pas à briser cette chaîne, l'un de mes pires défauts. Tout remettre à demain, ou ne pas prendre la décision de faire quoi que ce soit alors que je pourrais me ralentit.



Pendant longtemps, pour ne pas dire depuis toujours, je me limite consciemment ou inconsciemment dans les choses que je pourrais ou devrais faire. Toutes les excuses y passent et s'il y en a une qui revient, c'est que je me sente limitée.

Par quoi suis-je limitée ? Mon âge est le bouc-émissaire parfait. J'ai moins de dix-huit ans et je prépare ma licence en anglais. J'ai pendant longtemps assimilé le fait que mon âge sera toujours un handicap à cause de mon avance sur le plan académique. Divers enseignants, camarades, connaissances et proches ont vivement contribué à cet état de choses.  Le couteau a été enfoncé dans la plaie petit à petit et j'ai fini par y croire.

Le plus drôle quand j'y pense est que je ne me rendais pas vraiment compte d'à quel point ces remarques répétées ont façonné la vision erronée que j'ai eu de moi-même. J'ai toujours été  ma plus grande défenseure. J'aimais dire à qui voulait l'entendre que c'était peut-être un léger handicap mais que c'était mon plus grand atout. J'avais mille et uns arguments pour montrer que je n'avais rien à envier à ceux qui avaient suivi le cursus normal. J'étais convaincue que je pouvais en tirer profit et ce, peu importe ce que les gens diraient.

Aujourd'hui en y repensant il y a une chose qui me frappe.  C'était plus pour leur donner tort que parce que j'y croyais vraiment que je me défendais avec autant de virulence. La réalité était qu'au fond de moi leurs mots avaient fait écho. Ils s'étaient bien immiscés dans mon cerveau, avaient pris vie et me pourrissaient la mienne.

Je donnais l'image d'une jeune fille intelligente et sûre d'elle-même. J'étais la fille prête à conquérir le monde et qui ne laisserait pas son âge lui pourrir la vie. Sauf que tout a tourné autour de cet âge. 

Il fallait être autoritaire, ne pas passer inaperçue, être brillante pour que les gens l'oublient.

Je ressentais de la gêne, un sentiment d'être limitée par tout et rien à cause de cet âge.

C'était devenu l'excuse parfaite pour fuir certaines responsabilités ou ne pas agir tout simplement.

Mettre mon âge au centre de ma vie fut infernal. Je le montrais peu mais je crois que jusqu'il n'y a pas longtemps, mon âge a été mon plus grand complexe. Même à moi, je ne me l'avouais pas parce qu'on se le dise, il me sert et me servait plutôt bien.  Même s'il m'a souvent fait me sentir à la traîne, il aidait. 

Alors récemment, j'ai reçu une sorte de claque. J'ai attrapé la peur, je l'ai amadouée et je l'ai contournée. Il a fallu une semaine pour que j'apprenne que :

- Je me donnais trop de prétextes pour ne rien faire et que je sous-estimais beaucoup trop mes capacités ;

- Une fois que certaines peurs ont été surmontées, j'ai fait des choses que je n'aurais jamais cru pouvoir faire.  J'ai fait plusieurs d'entre elles dans un court laps de temps ;

- Une fois que j'ai arrêté de me considérer limitée sur certains plans, j'ai quitté ma zone de confort. Je me suis créée des opportunités alors que je disais ne pas en avoir ;

- J'ai compris comment avoir des objectifs clairs et définis fait vibrer et  fait voir la vie du bon côté. Ces objectifs sont les bons, enfin pour le moment ;

- Mon instinct, à condition je ne l'écoute, ne me trompe jamais. Je n'aurais jamais dû taire certaines impulsions qui sur le moment me dépassaient. Surtout celles qui allaient dans le sens de la réussite de nos objectifs ;

- J'étais bête, et je ne croyais juste pas assez en moi. 

Croire en soi rend ingénieux, c'est un fait. J'ai eu l'occasion de l'observer auprès d'autres personnes que j'admirais, m'extasiant de leur génie. J'ai toujours eu du mal à m'imaginer pouvoir faire pareil, même à petite échelle. J'étais tellement concentrée sur leurs réussites que j'en avais oublié la possibilité d'en avoir. J'occultais les efforts qu'ils ont eux-mêmes dû faire. J'ai à tort, pensé qu'ils avaient un truc en plus, comme une étoile plus bonne ? Je n'ai peut-être pas eu tort sur ce coup là. Ils ont un truc en plus, des choses en plus. Mais moi aussi j'en ai.

J'ai laissé les prétextes étouffer mon génie à moi. Et même si ça a été à petite échelle, je me suis rendue compte que je peux faire pareil: accomplir de grandes choses. J'espère continuer dans ce sens. J'espère évoluer, grandir, et surtout laisser les prétextes de côté.

Je vous pose cette question aujourd'hui. Quels sont les prétextes qui vous empêchent de libérer votre plein potentiel ? Et si vous vous en débarrassiez ? 

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