Here We Are Estime de soi

Ce que j'aurais voulu savoir...

22 juin 2021

J'ai commencé une quête intéressante il y a un peu plus d'un an : celle de l'amour de moi-même. Les premiers mois ont été les plus durs. Du moins, c'est ce que je croyais.

J'ai pendant ces mois, réalisé à quel point l'image que je donnais au gens —une fille plus ou moins extravertie qui a beaucoup confiance en elle — était une façade de A à Z. J'étais pleine d'insécurités, sérieusement animée du désir de mieux paraître et d'être validée par certaines personnes. Je voulais donner l'impression d'avoir un caractère qui matchait avec mon prénom : Dyva.

Cela m'a souvent emmené à faire un peu n'importe quoi. Certains avaient remarqué que j'étais légèrement instable dans certains de mes actes et que je craquais beaucoup — trop —. J'avais l'impression d'avoir échoué quand j'ai remarqué le gouffre entre ce que je voulais traduire et ce que je faisais. Je refrénais beaucoup mon opinion sur certains sujets dans certains milieux, avais du mal à me mettre en valeur. Je suis passée à côté d'un bon nombre d'opportunités qui auraient pu contribuer à mon épanouissement. Je me sentais peu capable, ignorante d'un peu tout, et j'étais très indécise. 

Beaucoup de ces traits de caractère subsistent malheureusement, comme s'ils font partie de moi et s'en débarrasser est une lutte quotidienne. Je sais qu'ils ne définissent pas qui je suis et ne devraient en réalité pas faire partie de mon caractère. 

Il m'a fallu du temps pour en prendre conscience et m'en détacher petit à petit.  Je crois cependant que dans la quête d'estime de soi, tout n'est ni blanc ni noir, ni totalement facile ni totalement difficile. Cela se vérifie surtout quand certaines mauvaises habitudes ont été imprimées en nous à cause d'une trop forte influence extérieure.

Je me surprends encore parfois à vouloir être bien vue, validée et ça me désappointe beaucoup. J'ai l'impression de me trahir, de rompre la promesse que je m'étais faite de mieux me traiter et de vivre moins à travers le regard des autres. Je sais que chercher à être validé par un milieu qui nous intéresse peut être intéressant et peu nocif, enfin j'imagine mais je le prends vraiment mal pour moi. 

C'est comme si une grosse malédiction m'obligeant à feindre et atténuer qui je suis m'avait été lancée et qu'en certaines circonstances, j'étais vouée à perdre mes moyens. Je perds de ma personnalité et m'efface à ces moments. Cela me frustre beaucoup.

Je ne savais pas qu'en dépit de mes efforts, même si j'atteignais un niveau assez haut d'estime de moi-même, j'aurais les regards des autres qui pointeraient encore dans mon dos. Qu'ils me commanderaient à distance comme s'ils étaient une télécommande et moi une télévision par exemple. 

Je ne sais pas s'il y a un mode d'emploi de la quête d'estime de soi, mais j'aurais voulu qu'on me dise que ce n'était pas seulement les premiers mois qui étaient difficiles.  J'aurais voulu savoir que plus loin j'irais dans le processus, plus la tâche serait ardue. Que les tentations de replonger dans cette version ombre de moi-même se multiplieraient.

J'aurais voulu qu'on me dise que je serai rudement mise à l'épreuve et que ce serait comme si je marchais sur des charbons ardents. J'aurais voulu qu'on me dise que pendant cette quête, je craquerais aussi, beaucoup plus qu'avant. J'aurais voulu prévoir que je serais mise face à moi-même et que ce ne serait jamais une partie de plaisir.

J'aurais voulu qu'on me dise que l'examen de conscience qui se fait à chaque étape de ce processus est éprouvant, quoique révélateur.  Qu'il donnerait presque envie de s'arrêter au milieu du processus.

J'aurais voulu qu'on me dise que s'aimer, ce n'est pas aussi facile quand il y a tous ces gens autour.  Que ces gens d'une manière ou d'une autre façonnent la manière dont on se voit. Qu'il est difficile de se détacher de leur regard. Que le faire est comme s'arracher tous les poils du corps avec ses propres ongles: douloureux, long et difficile.

Mais je crois que c'est aussi bien ainsi. Expérimenter tout cela sans avoir été prévenue, en ayant toujours juste une vague idée de ce que c'est m'a fait du bien jusque-là.  Je n'ai jamais vraiment eu à m'inquiéter d'à quel point la prochaine étape sera difficile.  Je n'ai pas eu à refléter les peurs d'autres personnes dans le processus sur les miennes.

Vivre cela me rend plus déterminée à continuer, me donne la hargne pour atteindre mon idéal. Même si on ne me le dit pas, j'y arriverai.


Partager :